mardi 20 février 2018

Le phénix et la colombe



Que l’oiseau au chant sublime qui habite l’arbre unique d’Arabie, soit le héraut éclatant et grave à la voix duquel obéissent les chastes ailes.

Mais, toi, rauque messager, sombre précurseur du démon, prophète de la fiévreuse agonie, ne te mêle pas à cet essaim.

Que de cette solennité soient exclus tous les oiseaux à l’aile meurtrière, hormis l’aigle, roi des airs : telle est la règle de ces obsèques.

Que le prêtre en blanc surplis, appelé à chanter la musique funèbre, soit le cygne pressentant la mort, et qu’il solennise le Requiem.

Et toi, corbeau trois fois centenaire qui fais noire ta couvée avec le souffle que tu lui communiques, c’est toi qui mèneras le deuil.

Ici l’anthème commence : — L’amour et la constance sont morts ; le phénix et la tourterelle se sont enfuis d’ici dans une flamme mutuelle.

Ils s’aimaient à tel point que leur amour partagé ne faisait qu’un. Deux êtres distincts, nulle division. Le nombre était anéanti dans leur amour.

Cœurs séparés, mais non disjoints ! on voyait la distance, et non l’espace, entre la tourterelle et son roi. Mais en eux c’était un prodige. L’amour rayonnait entre eux de telle sorte que la tourterelle voyait son être flamboyer dans le regard du phénix. Chacun était le moi de l’autre.

Effarement de la logique ! l’identité n’était pas la parité. Avec leur nature, unique sous un double nom, ils ne faisaient ni un ni deux.

La raison, confondue d’elle-même, voyait l’union dans leur division ; absorbés l’un dans l’autre, distincts l’un de l’autre, ces êtres étaient si bien assimilés,

Qu’elle se demandait comment leur duo formait cet harmonieux solo. L’amour n’a pas de raison, non, pas de raison, si ce qui est séparé peut être ainsi mêlé.

L’amitié a composé ce chant funèbre en l’honneur du phénix et de la colombe, astres suprêmes du ciel d’amour, — faisant l’office de chœur dans leur scène tragique :

Chant funèbre. 

La beauté, la loyauté, la perfection, la grâce dans toute sa simplicité, gisent ici réduites en cendres.

La mort est maintenant le nid du phénix ; et le sein loyal de la colombe repose sur l’éternité.

Ils n’ont pas laissé de postérité, et ce n’était pas chez eux infirmité : leur union était le mariage de la chasteté.

Désormais la loyauté peut sembler être, elle n’est plus ; la beauté peut se vanter d’exister, elle n’existe plus ; car loyauté et beauté sont ensevelies ici.

Inclinez-vous devant cette urne, vous tous qui êtes loyaux ou beaux, et murmurez une prière pour ces morts.


William Shakespeare, The Phoenix and the Turtle, Traduction par François Victor Hugo



Poème du Phénix



 ***


Il est, en Orient, un site fortuné
Où du ciel éternel s'ouvre la porte immense.
Le soleil, en ce lieu, se lève non l'hiver
Ni l'été, mais aux jours lumineux du printemps. 

(...)*


 Lactance, Poème du Phénix, IIIème siècle


*(le texte intégral est publié dans les commentaires)

dimanche 18 février 2018

Complicité



*****
Uocchie c'arraggiunate ... 


yeux qui  parlez (raisonnez)

********
*****
***
*


samedi 10 février 2018

"Vaga luna che inargenti"

Ici et ailleurs ...



Lorsque la nuit étire sa caresse sur le  corps de la terre endormie, c’est une forme spéciale d’écoute qui arrive. Attentifs corps et esprit sont au même temps tendus vers un ailleurs qui encore leurs semble irréel. J’ai mal mais je sens aussi la force, la douceur, l’amour  qui sont plus forts que jamais. C'est ici, dans ce coin secret où tout n'est que sensation, que le corps se fait  raréfié et communique avec l’air qui l’entoure  …  je me déplace autre part comme si les molécules raréfiées pouvaient décider où aller … Alors tout d'un coup c'est comme si j’étais toi … là, avec ... Étrange et beau …   Il y a un temps pour accueillir la Caresse du Silence ... l'Amour respire et relie ... Il est beau.  L'eau verte émeraude inonde le jardin de son corps de lumière.
Le matin je pense. L’esprit se dresse pour réfléchir, analyser, distinguer, essayer de comprendre au fond en traduisant en mots les issues posés par la réalité … au même temps le cœur vérifie les raisons de l’esprit et le dirige, tandis que l’âme va ailleurs pour gagner une vision plus ample en se détachant des limites posées par l’espace et par le temps. Elle veut regarder la terre du ciel … Il nous faut un œil et un cœur tendus vers le Ciel pour résister, en apprenant l’Amour toujours plus fort.
Au-dessus de la brume … le soleil éclate dans un ciel libre… Il est le Grand Cadeau dédié à la créature, l’espace suprême où l’oiseau vole libre et heureux … C’est celle-ci la liberté, connue et vécue seulement par les cœurs qui aiment …


jeudi 8 février 2018

À deux ... en Lui



J'aime tellement y être ... en partage, à deux ... et c'est tellement beau de voir comme l'œil regarde et sourit à nouveau, comme si le soleil éclatait en lui dans un ciel ouvert et heureux. C'est la joie de la seule dimension de l'être retrouvée.  Ça arrive à nouveau  car Il est Ce qui est ... Cette dimension est tellement réelle,  douce et belle. En elle l'âme retrouve toute la hauteur du Ciel, sa vertige douce, sa caresse infinie  ... 

Il y a seulement la Réalité de l'Éternel ... Il y a seulement  la Réalité de notre âme en Lui ... Tout le reste est éphémère, destiné à passer, tandis qu'elle est là, la même ... 


C'est un tel Cadeau! Un sourire si beau, si cher et merveilleux ... on le retrouve car il a toujours été là, au coeur de ce bouton de douceur qui est notre seule demeure ... la seule Vie de notre Coeur en Lui.



mardi 6 février 2018

Consolation


N'avoir que toi pour Ami et savoir que l’Amour  aime, comprend, connait du dedans pour vivre avec, être avec, respirer avec, sentir, vivre en écoute … L’Amour nous apprend sa Caresse  ,,, à  y demeurer sans cesse. S’envelopper enfin  la nuit dans les draps comme à vouloir se nicher dans un cocon de beauté et de douceur … pour y être … dans la proximité du contact plein et beau … dans l’obscurité qui tout rend proche. C’est quoi l’Amour ? Une caresse qui relie à distance sans cesse, un fil tendu à l’infini, car le cœur est là, vigil, en écoute, toujours proche, toujours avec …  seconde après seconde … un sourire après l’autre, une larme après l’autre … il respire dans cette intimité de l’âme, du cœur, au cœur de cette présence qui relie profondément. Elle ne cesse pas de m’étonner, de me surprendre,  tant elle est belle et chère et douce … D’où vient-elle ?  De mon enfance je me dis que ça ne peut que venir de Dieu  et en moi cette sensation est depuis toujours la preuve que Dieu existe et qu’Il est Amour …Toute une vie pour apprendre à sortir de la cage de l’absence …